Le 11 Août 2009
C O M M U N I Q U E
Irrigation:
la Confédération paysanne dit « NON » à la
mauvaise foi !
L'eau est rare en période estivale
et le maïs pousse l'été ! Poitou-Charentes n'est pas en zone tropicale, ça
tombe mal ! Mais, il n'y a pas là de fatalité que l'on devrait retrouver chaque
été avec les bras ballants et des discours ridicules.
Chaque nouveau Préfet semble
découvrir le problème, abreuvé qu'il est de belles paroles, promesses et
démonstrations fallacieuses des notables agricoles en place. Le sujet génère
des flots de discours; les préfets passent et les cours d'eau trépassent, le
problème s'aggrave.
Plus on tergiverse, plus les
solutions seront douloureuses à mettre en œuvre. L'irrigation est utile à quelques
productions, si nous n'arrosions que ces cultures-là, nous n'aurions pas de
problème de ressources. En Poitou-Charentes, l'eau utilisée vient surtout des
nappes contrairement à des allusions qui laissent croire que c'est de l'eau qui
va à la mer et qui de ce fait serait « perdue », ce qui constitue une
double erreur d'appréciation.
Une Directive européenne d'octobre
2000 oblige les États à « la reconquête du bon état écologique de
l'ensemble des masses d'eau », nappes et rivières, d'ici 2015 ; nous sommes
en 2009 et rien n'a été fait dans la bonne direction.
Non, les responsables ne sont pas
des « paysans », ce sont une minorité d'agri-managers grassement
subventionnés qui se moquent totalement du « pays », des rivières et
de la campagne.
Tout ceci est encadré par les
Chambres d'agriculture, gouvernées en Poitou-Charentes par des irrigants, alors
qu'à peine 10% des terres agricoles sont irriguées, avec la complicité d'élus
politiques ayant voté une loi sur l'eau en 2006 qui préserve les privilèges de la
monoculture du maïs. Économiquement ces producteurs sont incapables de créer de
la valeur ajoutée, il leur faut l'argent des contribuables et celle des
consommateurs d'eau potable qui payent des redevances quand les associations
d'irrigants les empochent.
Les Agences de l'eau et le Conseil
Général financent les irrigants pour leur permettre de communiquer sur leurs
pratiques ; communiquer plutôt que préserver, tromper juste pour conserver
encore leurs privilèges !
L’irrigation reçoit des
subventions depuis 35 ans, des aides spécifiques (200 euros/ha) depuis 1992
pour chaque hectare de maïs irrigué, et des financements pour des réserves
d'eau (bassines) qui ne servent à rien (et qui fuient parfois dangereusement),
mais que la collectivité paye très cher.
Les responsables sont connus, mais
la plupart des paysans subissent l'effet désastreux de ces pratiques venant
d'individus qui ne connaissent rien des savoir-faire d'agriculteurs.
L'irrigation n'est pas
indispensable à la culture du maïs : les deux-tiers du maïs français n'est pas
irrigué. Le problème vient de la monoculture de maïs dans des terres où il
n'est pas naturellement adapté. De plus les nitrates dans l'eau de
Poitou-Charentes sont essentiellement dus à l'irrigation de cette même
monoculture.
Défendons l'agriculture,
La Confédération paysanne de Poitou-Charentes
dénonce la voracité de quelques-uns, et défend plutôt l'image de toute une
profession dont la vocation est de nourrir la population tout en entretenant le
territoire. Préserver aujourd'hui notre unique lieu de vie: la Terre, pour
produire maintenant et dans l'avenir !
Pour tous contacts :
Jacques Pasquier : 06.72.44.14.83
Bruno Joly : 05.49.86.66.12